Encore un prix pour la cause des femmes

17/03/2019

Lors de la journée internationale des droits des femmes est né au Palais de l'Elysée un nouveau prix en faveur de la cause des femmes : le Prix Simone Veil de la République française pour l'égalité femmes-hommes, créé par le Président Macron et doté de 100.000 €. Selon le communiqué de presse, ce Prix « vise à mettre en valeur des actions qui concourent à mettre fin aux violences et aux discriminations à l'encontre des femmes, à favoriser leur accès à l'éducation et au savoir, à promouvoir leur autonomie, ainsi que leur participation aux fonctions de leadership ». https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/03/08/prix-simone-veil-de-la-republique-francaise-pour-legalite-femmes-hommes

La première lauréate s'appelle Aïssa Doumara Ngatansou (47 ans), coordinatrice de l'Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes (ALVF) située au quartier Kakataré à Maroua, dans l'extrême-nord du Cameroun. Un article publié le 12 mars sur le site du Point Afrique dresse son portrait de véritable militante- depuis vingt ans. Aussi selon cette source, l'argent du Prix va permettre de financer un nouveau centre complet de prise en charge des femmes victimes. https://www.lepoint.fr/afrique/aissa-doumara-cette-camerounaise-premiere-laureate-du-prix-simone-veil-12-03-2019-2300113_3826.php

C'est donc à travers ce nouveau Prix que le Président français aimerait exprimer son intention d'étendre « la grande cause nationale » de son quinquennat à « une cause mondiale ». Rien de moins ! Or, la question s'impose comment un tel projet titanesque à l'échelle mondiale pourrait se réaliser avec si peu de moyens. Depuis 1974 et le lancement de cent une mesures en faveur des femmes par Françoise Giroud (1916-2003) jusqu'à l'heure actuelle du secrétariat d'Etat chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes géré par Marlène Schiappa, ni la condition féminine ni la parité h/f ont énormément progressées en France. Bien le contraire ! La pauvreté en France a toujours le visage de femme, il suffit de regarder les derniers chiffres alarmants. https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/13/femmes-et-retraites-sont-nombreux-a-recourir-aux-aides-alimentaires_5435463_3224.html

Pire encore, de nombreux lieux d'accueil pour les femmes victimes de violences ferment leurs portes ici dans le pays des droits humains, faute de moyens financiers. https://www.bastamag.net/Un-lieu-d-accueil-pour-les-femmes-victimes-de-violences-ferme-faute-de-budget Notez en passage que la suppression massive des emplois aidés -socle de la solidarité nationale- par la ministre Muriel Pénicaud dès sa prise de fonction touchent en première ligne les femmes jeunes (ainsi que les associations qui manquent de moyens pour payer des salariées). Autrement dit, la situation en France n'est pas du tout rose et ne peut guère servir comme exemple, contrairement au modèle des pays scandinaves par exemple.

Hélas, des paroles et des prix ne changent pas la triste réalité, il faut de l'argent et beaucoup ! Mieux vaut changer la situation premièrement en France où vivent également de nombreuses migrantes africaines et ensuite « exporter » un modèle qui marche. D'ailleurs, depuis 2012 existe déjà un Prix Simone Veil - un prix littéraire- créé par l'Association Cocktail & Culture (avec siège dans le 16e) en partenariat avec la librairie Fontaine Haussmann... https://www.cocktailetculture.fr/les-salons-et-prix-litteraires/salon-des-femmes-de-lettres/