Grandes & petites histoires de Paris confinée

06/04/2020

Le 31 mars 2020, Rafael Gómez Nieto, dernier survivant des Espagnols libérateurs de Paris occupée par l'Allemagne nazie en 1944, est décédé à cause du covid-19, à l'âge de 99 ans. D'après l'historienne Evelyn Mesquida, « avec lui part un pan de l'histoire de la libération de Paris et des républicains espagnols ». https://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-le-dernier-republicain-espagnol-a-avoir-libere-paris-en-1944-est-mort-01-04-2020-8292039.php Son ouvrage intitulé La Nueve 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris » (chez Le Cherche Midi en 2011) rend hommage à cette partie de l'histoire parisienne généralement inconnue par le grand public, malgré tous les divers efforts de la maire Anne Higaldo. Or, connaître l'Histoire d'une capitale joue un rôle crucial pour l'avenir de l'ensemble de sa population. Notamment d'une population comme celle de Paris basé sur des origines culturelles très variées. Dans ce sens, dès 1992, sous le mandat de Jacques Chirac, la Ville de Paris a fait installer des panneaux « Histoire de Paris » (parfois appelés pelles ou sucettes Starck ou Decaux) à travers tous les arrondissements. Aujourd'hui, on compte encore autour de 700. https://fr.wikipedia.org/wiki/Panneau_Histoire_de_Paris

Saviez-vous que le 26 mars 1832 est la date du premier cas de choléra àParis ? L'épidémie fera près de 19.000 victimes en six mois. Un panneau dans la rue de Vaugirard (côté 15e) nous en rappelle des tristes circonstances : « Il y eut plus de 300 victimes. Les habitants surexcités pensaient l'épidémie due à la malveillance, et croyaient les fontaines empoisonnées. Le 5 avril, des femmes employées à l'abattoir accusèrent des hommes attablés dans un cabaret d'être porteurs de substances vénéneuses pour répandre la maladie. Ils furent lynchés. Un écrivain ambulant subit le même sort. » Et comment a-t-on évité la contamination à l'époque ? Par un « costume préservatif » et des conseils pratiques (propreté et sobriété).

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article3185

https://compediart.com/index.php/2019/03/15/la-terrible-epidemie-de-cholera-de-1832/

Le 16 mars 2020, lors de la déclaration de guerre au coronavirus à la télévision, le président de la République préconise à la fois le confinement (terme utilisé majoritairement dans la sécurité nucléaire) et l'hygiène (faute de masques, tests de dépistage et matériel médical d'assistance de respiratoire). Dès le lendemain, bizarrement, les gens ne se sont pas jetés sur le savon bon marché et efficace mais sur les rouleaux de papier de toilette et le gel hydroalcoolique dont l'utilisation régulière attaque la peau, donc à éviter si possible. Son prix a d'ailleurs explosé et il vaut mieux de le faire soi-même si vous avez réellement besoin. https://www.consoglobe.com/gel-hydroalcoolique-fait-maison-cg

Pour décrire sa vie confinée, chacun-e se réfère à son arrondissement, voire son quartier (attestation de déplacement dérogatoire oblige). Dans le 15e arrondissement, le plus peuplé de la capitale, la vie quotidienne confinée n'est guère différente de la vie quotidienne non-confinée : une population tranquille et vieillissante se promène dans les rues- avec ou sans chien, seule ou en couple. Ainsi s'explique facilement le grand nombre de pharmacies, sans doute supérieur au celui de bistrots d'une part et, d'autre part, la longévité du maire Philippe Goujon, un vrai Parisien né en 1954, depuis 2008. Comme d'habitude, à part la stabilité politique, la santé reste le souci/le thème de conversation n°1. En revanche, à l'intérieur des immeubles se passent pas mal des choses étonnantes : chaque soir à 20h, des applaudissements encouragent fortement le personnel soignant (secteur très féminisé !) ; une voisine inquiète « stérilise » chaque matin l'ascenseur ; une jeune gardienne d'un HLM vient de sauver la chienne d'un copain, victime du maudit virus, d'un refuge pour animaux abandonnés. La police l'a trouvé quatre jours après la mort de son maître et laissé dans un établissement près de Paris. Ce pauvre animal a été littéralement dans un sale état, après un court séjour, et il fallait payer 80 euros, pour le droit de le récupérer. Un Parisien frôlant les 70 ans est rentré chez lui en urgence d'un voyage en Afrique du Sud avant la fermeture des frontières, en payant un supplément de 1000 euros exigés en liquide par sa compagnie aérienne. Pas de chance, il a pris froid malgré la chaleur sud-africaine à cause de la climatisation de son hôtel et a développe une belle toux. Une semaine plus tard, il tousse tellement qu'il fait venir un médecin un dimanche. En écoutant sa toux, il lui présente à la fois une facture de 200 euros à régler immédiatement et lui met un casque, afin de le transporter illico à l'hôpital Georges-Pompidou, un géant hôpital installé dans le 15e qui connaît de nombreux scandales, dès son ouverture en 2000 (de nombreuses publications et des articles de presse à consulter). https://francais.rt.com/france/62706-mort-d-patient-hopital-georges-pompidou-famille-porte-plainte Notre Parisien malade sera retenu sans la moindre explication, en souffrant des interminables examens jusqu'au jour de son départ, du dimanche jusqu'au vendredi. L'ironie du sort, personne ne lui a donné un médicament contre sa toux qui continue joyeusement...

Bref, par conséquent la vie confinée des Parisiennes & Parisiens se présente d'après leur arrondissement, leur âge, leur santé etc. des façons très, très différentes. Cependant une chose est sûre : mieux vaut vivre le confinement à deux que seul-e. Prenez soin de vous !