Le 2e Ballon d’Or au féminin au Châtelet

07/12/2019

C'est un secret de Polichinelle que le théâtre du Châtelet, premier théâtre municipal équipé d'un nouveau système d'éclairage par plafond lumineux (datant de 1862), est spécialisé dans les représentations à grand spectacle. Le 13 septembre 2019, après des travaux importants pendant presque trois ans, la réouverture de cette scène emblématique parisienne permet enfin de rencontrer les nouveaux talentueux codirecteurs : côté artistique la Britannique Ruth Mackenzie et côté administration Thomas Lauriot, les deux nommés depuis 2017. https://www.la-croix.com/Culture/Theatre/reouverture-Theatre-Chatelet-imminente-2019-08-14-1201040977 Rien qu'un grand spectacle attend en effet le public composé de la crème de la crème du monde sportif invité au Châtelet le 2 décembre dernier : les Ballons d'Or au masculin et au féminin. Rappelez-vous, c'est la Norvégienne Ada Hergerberg, l'attaquante de l'Olympique lyonnais de 24 ans, qui reçoit le premier Ballon d'Or au féminin de l'histoire du football en 2018. Notez que le magazine France Football a créé cette récompense en 1956 - hélas, à l'origine uniquement pour les joueurs de foot du sexe masculin. La soirée du premier Ballon d'Or au féminin a forcement marqué les esprits, notamment à cause de la « mauvaise blague » du DJ et représentant de la french touch Martin Solvieg, en charge de l'animation de la cérémonie (une petite remarque sexiste au moment de remettre le trophée à la meilleure joueuse du monde fraîchement élue...).

Sans surprise, en 2019, pas de Martin Solvieg, donc pas de mauvaise blague et pourtant pas non plus la nouvelle meilleure joueuse du monde. Rassurez-vous, son absence n'est pas la faute du footballeur ivoirien Didier Drogba ou de la journaliste sportive Sandy Heribert chargé-e-s de l'animation de la 64e cérémonie : comme prévu, Messi (32 ans) - « la pulga » (la puce) comme disent ses fans- accepte très ému- son 6e Ballons d'Or. Cet attaquant argentin de génie brille depuis des longues années au FC Barcelone - sans pour autant briller dans son équipe nationale. Le cas de Megan Rapinoe (34 ans) illustre parfaitement le contraire : la co-capitaine de l'équipe nationale américaine n'a pas seulement remporté la Coupe du monde de football féminin en juillet dernier mais également marqué comme joueuse de Seattle 58 buts dans 150 matches. Sans oublier que l'icône de l'opposition au président américain Trump, est aussi une militante pour les droits des LGBT et l'égalité homme-femme. « Je ferai le maximum pour être là l'année prochaine », a-t-elle déclaré dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie. https://www.afp.com/fr/infos/334/lamericaine-megan-rapinoe-championne-du-monde-remporte-le-ballon-dor-2019-doc-1mr33q2

C'est évident que dans le monde actuel du foot, notamment en France, mieux vaut être un homme qu'une femme : Le football est le reflet de notre société. Regardez bien l'expression d'un joueur sur le terrain, c'est sa photographie dans la vie. (Aimé Jacquet) https://www.glamourparis.com/societe/phenomene/articles/foot-feminin-combien-gagnent-vraiment-les-footballeuses-/65195 et https://myfootactu.com/2019/01/footballeurs-francais-plus-riche.html Ainsi, la FIFA discrimine ouvertement et sans gène les footballeuses depuis très longtemps (cf. L'Atlas des Femmes, Joni Seager, Robert Laffont, 2019, p.85). Moins de salaire, c'est moins de retraite : de nombreuses femmes devraient se mobiliser dans la rue à partir du 5 décembre contre la reforme de retraites à points qui risque de diminuer encore un peu plus leur maigres retraites (déjà 39% moins que celles des hommes). https://www.la-retraite-en-clair.fr/retraite-france-monde/systeme-retraite-france-parite/7-differences-entre-retraite-hommes-femmes

Quant au monde du théâtre, « the show must go on » et le grand spectacle continue : le Châtelet vous propose « Un Américain à Paris », jusqu'au 1er janvier 2020. https://www.chatelet.com/programmation/saison-19-20/un-americain-a-paris/

Déesse merci, on ne parle pas de Donald Trump mais de George Gershwin... Restons optimiste malgré tout.